25 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Le grand oeuvre de Patrick Ollier ou la France humiliée

Il se sera démené, Patrick Ollier, pour que son « frère » Kadhafi le terroriste soit accueilli comme un grand chef d’État en France. Quatre années d’efforts ininterrompus et de nombreux allers-retours entre Paris et Tripoli, pour ce qui restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes humiliations de notre pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « L’Histoire et sa grande hache », pour reprendre l’expression de Georges Perec, qui une fois encore prend tout son sens.

Ce 10 décembre 2007 (Journée mondiale des droits de l’homme !), la compagne du député Patrick Ollier, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, accueillera officiellement « le Guide » à l’aéroport, avec tous les nouveaux honneurs dus à son nouveau rang : pas moins de 100 limousines haut de gamme l’attendront, lui et sa délégation, pour une traversée bruyante et clinquante de Paris, jusqu’à son terminus à la présidence de la République française. Tout le quartier sera bouclé pendant cinq jours, il ne s’agit certes pas d’importuner Kadhafi, ni de faire capoter les mirifiques contrats d’armement (lesquels ne seront jamais signés).

Ces fameux cinq jours de la honte, Kadhafi les passera sous sa tente bédouine juste à côté du Palais de l’Élysée, avec ses « amazones » qui (on le pressentait à l’époque, on le sait parfaitement aujourd’hui) étaient de fait ses esclaves sexuelles, violées, battues et blessées du matin au soir, des années durant, « prêtées » ensuite à ses fils, aux dignitaires du régime et à quelques chefs d’Etat africains, avant d’être jetées comme des préservatifs usagés dans la rue. Un article y sera bientôt consacré.

Tchin-Tchin

Tchin-Tchin

Loin de ces préoccupations et sans le moindre état d’âme, Patrick Ollier passera régulièrement boire le thé sous la tente avec son ami Mouammar et sera littéralement son chien de garde auprès des opposants libyens exilés en France, des politiques (y compris de droite et du centre) et des journalistes qui osaient poser la moindre question ou émettre la moindre critique sur cet incroyable séjour : « Il a été un terroriste mais il a bien changé », répétait Ollier, la larme à l’oeil.

Quant à celui qui à l’époque était président de la République -un certain Nicolas Sarkozy- il se permettra d’humilier encore un peu plus la France et les Français en improvisant à l’Elysée une conférence de presse, au cours de laquelle il fera la leçon à nos compatriotes et ironisera, avec son phrasé si caractéristique : « C’est bien beau l’droits d´l’homme entre l’café d’Flore et l’Zénith ! » Décidément, le calice jusqu’à la lie, plus que le thé au harem d’Archimède.

Retour en images sur cette séquence inoubliable (JT de France 2 du 10/12/2007), en gardant à l’esprit, dixit Ollier, « les propos scandaleux » de Rama Yade : «  Notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ». Trop tard. Merci qui ? M’ci m’sieur Patrick ! Vous tenez enfin votre grand oeuvre, la patrie reconnaissante ne vous oubliera pas, vous l’avez baisée avec tant de délicatesse.

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Newpol |
Collectif Palestine Libre |
Partage & Echange |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le Site de Jean-Paul LEBREC
| Contrastin Benayoun 2015
| Augmentez nos Salaires !