Les trous noirs de la République

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06 février 2015 ~ 0 Commentaire

Nicolas Sarkozy lauréat du «prix du menteur en politique»

Ce nouveau prix vise à inciter les responsables politiques à se montrer plus précis et rigoureux et à inviter les journalistes comme le grand public à vérifier plus systématiquement les propos qui leur sont délivrés.

À chacun son prix. Manuel Valls a reçu celui de l’homme politique de l’année remis par le Trombinoscope, Alain Juppé, celui de l’humour politique et celui de l’homme politique de l’année par GQ. C’est au tour de Nicolas Sarkozy de recevoir le sien ce vendredi, un peu moins flatteur: celui du «menteur en politique», créé par le politologue Thomas Guénolé. Cette distinction humoristique se donne trois objectifs: inciter la classe politique à moins mentir, sensibiliser le journalisme politique à l’importance du «fact-checking» et encourager le grand public à vérifier la véracité de ce que dit le personnel politique.

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Nicolas Sarkozy est distingué pour «ses 17 mensonges répétés en boucle», selon les organisateurs, pendant la campagne pour la présidence de l’UMP à l’automne 2014. Parmi les propos brocardés, on retrouve des promesses prêtées à François Hollande mais qu’il n’a jamais formulées, des approximations sur le temps de présence des enseignants dans les établissements scolaires, des inexactitudes sur les bénéfices des heures supplémentaires défiscalisées, sur la hausse des impôts, sur l’aide médicale d’État ou encore le confort de vie que son censés procurer les minimas sociaux…

Jérôme Cahuzac récompensé «pour l’ensemble de son œuvre»

Nicolas Sarkozy n’était pas le seul en lice. Marine Le Pen était également nominée pour ses approximations sur le taux de chômage des étrangers, sur l’Europe, ou encore pour avoir prétendu que la délinquance était en baisse dans tous les pays développés sauf la France. Le député Thomas Thévenoud avait été retenu pour l’ensemble de ses dissimulations fiscales. Jean-Luc Mélenchon était également cité pour ses dénégations quant à son absentéisme au parlement européen.

À noter que pour cette édition 2014, le jury à récompensé à l’unanimité Jérôme Cahuzac, «pour l’ensemble de son œuvre». Le secrétaire général de l’Élysée Jean-Pierre Jouyet a écopé du prix «un certain regard», suite à l’affaire du déjeuner avec François Fillon. «Démentir son propre démenti repousse les limites de la créativité mensongère», ont fait valoir les jurés. Enfin, Guillaume Peltier de l’UMP a été retenu pour «le prix du jeune espoir» pour avoir notamment utilisé un article de ‘fact checking’ du Monde pour avancer des informations erronées au sujet sur le nombre de professeurs détachés dans un syndicat.

Le prix du menteur politique est décerné par un jury composé de journalistes de différents médias, dont le Figaro, notamment spécialistes de la vérification rapide des informations. Thomas Guénolé, créateur de cette initiative, est un contributeur régulier du Figaro Vox.

28 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

Les petites manoeuvres de MAM au profit de l’Arabie Saoudite et du Koweit

L’ancienne ministre UMP des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a déposé un amendement pour retirer toute référence aux deux pays du Golfe dans un passage du « rapport annuel sur la situation des droits de l’homme » du Parlement européen, portant sur l’application de la peine de mort dans le monde.

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L’eurodéputée UMP et ancienne ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, préside au Parlement européen « la délégation pour la relation avec les pays de la péninsule arabique« . C’est le groupe d’amitié avec les pays du golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats Arabes Unis, Koweit, Oman, Qatar, Yémen).

Or, « MAM » a déposé un amendement – examiné cette semaine en commission des Affaires étrangères – au « Rapport de 2014 sur la situation des droits de l’homme », recensant les faits enregistrés au cours de l’année précédente. Michèle Alliot-Marie propose de retirer l’Arabie Saoudite de la liste des pays où « une augmentation marquée des exécutions » a été constatée et de ne plus faire apparaître le Koweit dans les Etats montrés du doigt pour avoir procédé à « une reprise des exécutions ».

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Or, selon les ONG, l’Arabie Saoudite a procédé à 79 exécutions (essentiellement par décapitation) en 2013 – contre 69 en 2009. Quant au Koweit, il a mis fin en 2013 à six années de non application de la peine de mort. « La diplomatie européenne demande qu’on ne cite pas les pays mais les régions, justifie-t-on dans l’entourage d’Alliot-Marie. C’est pourquoi elle a proposé qu’on retire la mention de ces pays. »

Une règle qui existe, certes, entre pays européens (éviter de « nommer et blâmer »), mais qui ne s’applique en aucun cas pour les pays extérieurs à l’Union, a fortiori en matière de droits de l’homme.

05 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

Caviar pour les uns, Champagne pour tout le monde !

Bénévolat Business

26 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Le viol des « amazones » ou « L’esprit des lois », selon Kadhafi

Du vert, du rouge et pas mal de bleus

Du vert, du rouge… et pas mal de bleus

Que faisait Kadhafi avec ses « amazones », quand il ne paradait pas dans la cour de l’Elysée ou quand il ne dégustait pas le thé avec son grand ami Patrick Ollier sous sa tente bédouine, tant à Paris qu’à Tripoli ? Bonne question, ça. Qui n’a jamais effleuré ni troublé la « dream team » de M. Sarkozy, trop occupée à tenter de faire des affaires avec le « Guide ». Au passage, la France et les Français y auront finalement « gagné » une humiliation mondiale. Chacun écrit la page d’histoire dont il est capable et il ne suffit pas de se déclarer « gaullistes » pour hériter des valeurs et des qualités du Général. Sur ces questions liées aux droits de l’homme, M. Sarkozy avait d’ailleurs tranché dans le vif : on se souviendra longtemps de sa conférence de presse impromptue, destinée à couper court à toute protestation et à tancer vertement nos compatriotes, le jour de la venue de Kadhafi en France : « C’est bien beau l’droits d’l'homme entre l’café d’Flore et l’Zénith ! »
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A la merci des perversions sexuelles du « Guide »
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Mais combien étaient-elles, au juste, ces fameuses « amazones » ? Plusieurs centaines, sans aucun doute. Difficile d’estimer le nombre exact de femmes qui étaient retenues par Mouammar Kadhafi, à la merci de ses perversions sexuelles. Combien ont-elles été, au long des 40 années du règne despotique du « Guide » ? La grande majorité ne parlera probablement jamais. Trop de honte. Elles penseront être promises à l’opprobre, au rejet de la société libyenne, même libérée du tyran, même pour une de ses victimes. Le guide utilisait des femmes comme on « se mouche le nez »…
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L’image, crue, que l’on doit à un aide de camp cité par le Times de Londres, ne donne qu’une petite idée du calvaire qu’ont vécu ces femmes, qui n’étaient souvent que des filles. On est loin des petites comptines à l’eau de rose dont Patrick Ollier abreuvait les Français non stop : oui, son ami Mouammar avait « changé », oui, il avait définitivement renoncé à la violence et au terrorisme, d’ailleurs, c’est vous dire, il lisait même L’esprit des lois de Montesquieu, que le député français lui avait offert. Oui, mais en quelle langue ?

Dans une interview au Times of Malta, la psychologue Seham Sergewa avait expliqué avoir rencontré plusieurs des fameuses femmes gardes du corps du dictateur, qui lui avait raconté comment elles avaient été violées par Kadhafi, ses fils et ses amis. L’immense majorité de ces femmes n’étaient en réalité que les objets de plaisir de Kadhafi, déguisées et grimées en soldats multicolores.

Quand Kadhafi donnait du Viagra à ses troupes pour violer les femmes du mouvement rebelle

La psychologue avait expliqué avoir rencontré cinq de ces amazones-esclaves sexuelles. L’une d’entre elles a expliqué à Seham Sergewa avoir été « recrutée », à l’aide d’un chantage sur une affaire montée par le régime. On accusait son frère d’être un passeur de drogue. « On lui a dit  : ‘soit tu deviens une garde du corps, soit ton frère va passer le reste de sa vie en prison’ ». La jeune femme savait exactement ce que cela voulait dire. Quelques semaines auparavant, elle avait été renvoyée de l’université, et on lui avait suggéré de demander l’intervention de Kadhafi pour être réintégrée. Elle a dû passer une visite médicale, qui comprenait un test VIH, effectuée par une infirmière d’Europe de l’Est. Finalement, elle avait été conduite à Bab-al-aziziya pour rencontrer, dans ses quartiers privés, un Kadhafi qui l’attendait en pyjama. « Elle ne pouvait pas comprendre, elle le voyait comme une figure paternelle, le chef de la nation, ce genre de chose », a expliqué Seham Sergewa. « Elle a refusé ses avances et il l’a violée ».

Basée dans un hôpital de Bengazi, bastion à l’époque des forces rebelles, Seham Sergewa, qui a acquis son expérience en Bosnie dans les années 1990, a été chargée par la Cour pénale internationale (CPI) de constituer un dossier sur les viols en Libye, afin d’établir un chef d’inculpation supplémentaire contre le clan Kadhafi. La psychologue cherche à recueillir des informations et des témoignages de victimes, tant sur les années précédentes que sur la révolution qui a entraîné la chute du régime. Sur cette guerre, un élément en particulier dénote l’esprit malsain du dictateur. Le procureur de la CPI avait déclaré avoir reçu des informations selon lesquelles Kadhafi « avait lui-même décidé d’utiliser le viol comme arme contre ses opposants. Luis Moreno-Ocampo avait indiqué que ses enquêteurs avaient trouvé des preuves selon lesquelles la Libye achetait des containers entiers de médicaments du type du Viagra (…) pour augmenter la possibilité de violer des femmes ».

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Les « amazones » au Louvre, en 2007 

Après avoir servi de jouets sexuels, certaines étaient directement transportées de la chambre à l’hôpital

Le dirigeant libyen était lui-même complètement dépendant de ces médicaments destinés à donner des érections, selon le récit fait au Huffington Post par Faisal, un ancien homme à tout faire de Kadhafi. A tel point que l’une de ses infirmières ukrainiennes (autre marque de fabrique du dictateur) lui aurait conseillé de diminuer sa consommation pour éviter les problèmes de santé. Faisal a expliqué au quotidien britannique que Kadhafi, dont il a été l’esthéticien comme le cuisinier pendant sept ans, avait un appétit sexuel aussi insatiable que ses pratiques étaient violentes. « Elles étaient quatre ou cinq par jour. Elles étaient si nombreuses. C’était simplement devenu une manie pour Kadhafi », a raconté le jeune homme de 29 ans, avant d’expliquer : « Elles allaient dans sa chambre avec lui, puis il sortait, comme s’il s’était juste mouché le nez ».

Faisal a également assuré que ses gardes du corps, parfois surnommées les « sœurs de la révolution », étaient en réalité ses esclaves sexuelles. Après avoir servi de jouets sexuels au tyran, certaines souffraient tellement qu’elles étaient « directement transportées de la chambre à l’hôpital », pour être traitées pour des blessures internes. Cette violence a été racontée avec un réalisme plus effrayant encore, dans un témoignage donné au journal Le Monde par une jeune femme appelée Safia. Une jeune femme de 22 ans, dont le prénom a été changé, qui était l’une de ces esclaves sexuelles.

Les femmes étaient d’abord violées par le dictateur, puis cédées, comme des objets utilisés

Safia a été enrôlée de force à l’âge de 15 ans. En visite dans son école, celui qu’elle considère alors comme le « héros » de la nation, avait fait un signe à ses gardes du corps, en sa direction. Quelques jours plus tard, trois femmes en uniforme – les « vraies amazones » – étaient venues la chercher chez ses parents pour l’emmener dans le désert, où le dirigeant était parti chasser. Kadhafi lui avait alors expliqué qu’elle allait rester vivre avec lui. Dès lors, Safia est « prise en main ». On lui donne des sous-vêtements sexy et on lui apprend à se « dévêtir au son de la musique ». Trois soirs, la jeune fille danse pour le « Guide », qui ne la touche pas, mais lâche : « Tu seras ma pute ». Safia est violée le soir même de son retour à Bab-al-aziziya. Elle se défend. Elle est passée à tabac par Kadhafi et ses vraies amazones. « Il a continué les jours suivants. Je suis devenue son esclave sexuelle. Il m’a violée pendant cinq ans ».

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Deux amoureux des femmes

Lors d’une confession de plusieurs heures, comme le détaille Le Monde, la jeune femme a décrit la réalité de ces ignobles « maisons des poupées(1) » du colonel Kadhafi. Safia a évoqué la vingtaine de filles de 18 ou 19 ans qui vivaient au même niveau qu’elle, dans la résidence du maître. Nuit et jour, elles étaient en permanence à sa disposition. Certaines étaient consentantes, et disaient « s’offrir au Guide », mais la plupart étaient contraintes. Kadhafi était « violent, sadique », et Safia a eu « des bleus, des morsures et le sein déchiré », et « des hémorragies ». Il l’a forcée à boire, à fumer, à prendre de la cocaïne. Kadhafi, lui, était constamment sous l’emprise de substances diverses. Elle a été emmenée dans de grandes fêtes, organisées pour le clan au pouvoir et les autres personnes importantes du pays, qui finissaient en « partouzes ».

Les proches, les amis profitaient aussi des filles. Il serait intéressant d’en connaître la liste, il y aura peut-être des surprises. Des proches et des amis français ont-ils bénéficié de ces fameux « services » ? La France était-elle au courant des sévices subis par la plupart des femmes entourant le dictateur et la rocambolesque affaire « des infirmières bulgares » n’était-elle que l’arbre cachant la forêt des horreurs, un arbre dont la France se serait contentée, via un énième deal avec Kadhafi, pour démontrer au monde entier qu’elle agissait pour faire avancer les droits de l’homme ? La Cour pénale internationale est loin d’avoir terminé son instruction. Mais en plus de l’affaire de l’éventuel financement libyen de la campagne de M. Sarkozy et ce, dès 2005, ce serait là assurément un nouveau scandale. 

« Pour Mouammar, ces filles n’étaient que de simples objets sexuels qu’il pouvait passer aux autres, après les avoir lui-même essayés », a expliqué Sofia. La psychologue Seham Sergewa avait elle aussi noté ce processus, à travers les histoires de ces gardes du corps. Les femmes étaient d’abord violées par le dictateur, puis cédées, comme des objets utilisés, à l’un de ses fils, et éventuellement à de fonctionnaires de haut rang, avant d’être finalement abandonnées. Des chefs d’État ont également utilisé des filles, selon Safia. La jeune femme a raconté avoir accompagné Kadhafi lors d’une tournée officielle de deux semaines en Afrique, en juin 2007. Elle était évidement affublée d’un vêtement militaire, qui la faisait apparaître comme une « amazone ». Elle, comme la plupart des autres, n’était pas en réalité  une garde du corps. « La tenue bleue était réservée aux vraies gardes entraînées. La tenue kaki n’était en général que du cirque ».

Et Ollier dans tout ça ? Rien de rien, il ne regrette rien

Quelques semaines avant que cette énième horreur de Kadhafi ne soit rendue publique et de plus en plus pressé par l’opposition et les médias de dire quelque chose, d’exprimer un regret, un remords, un début d’excuses, de prise de conscience ou d’explication sur ses relations régulières -et celles de sa compagne MAM- avec les dictateurs libyen et tunisien- Patrick Ollier donnera dans le pathos et parlera surtout de son couple, de son petit « coeur qui bat »… et pour le reste assurera le service minimum, « condamnant » la dérive « meurtrière » de Kadhafi, tout en affirmant clairement ne rien regretter. « Est-ce-que je regrette ce que j’ai fait ? Regretter, non, parce que je l’ai fait dans l’intérêt général. (…) Tout ce que j’ai fait à la présidence du groupe France-Libye était dans le souci qu’on avance vers la démocratie. Pendant dix ans, il n’y a pas eu de problème. Personne n’a jamais rien dit ».

Mieux, après que les événements ont mal tourné, Ollier, qui s’en prendra de façon constante et virulente aux médias, aura la mémoire toute sélective et affirmera dès lors connaître à peine son ancien « frère ». « Je n’ai pas eu moi-même une grande proximité(2). Ce n’est pas parce qu’on rencontre quelqu’un 3 ou 4 fois qu’on connaît quelqu’un, faut arrêter avec ça ! »  C’est bien connu, les « professeurs d’économie » ne savent pas compter. Et « personne n’a jamais rien dit », aussi ! L’esprit, plus que la lettre.

(1) Nom donné aux baraquements d’esclaves sexuelles dans les camps de concentration nazis, dans le livre du même nom de Yehiel De-Nur.

(2) Plus d’une vingtaine d’allers-retours ont déjà pu être comptabilisés.

25 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Le grand oeuvre de Patrick Ollier ou la France humiliée

Il se sera démené, Patrick Ollier, pour que son « frère » Kadhafi le terroriste soit accueilli comme un grand chef d’État en France. Quatre années d’efforts ininterrompus et de nombreux allers-retours entre Paris et Tripoli, pour ce qui restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes humiliations de notre pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « L’Histoire et sa grande hache », pour reprendre l’expression de Georges Perec, qui une fois encore prend tout son sens.

Ce 10 décembre 2007 (Journée mondiale des droits de l’homme !), la compagne du député Patrick Ollier, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, accueillera officiellement « le Guide » à l’aéroport, avec tous les nouveaux honneurs dus à son nouveau rang : pas moins de 100 limousines haut de gamme l’attendront, lui et sa délégation, pour une traversée bruyante et clinquante de Paris, jusqu’à son terminus à la présidence de la République française. Tout le quartier sera bouclé pendant cinq jours, il ne s’agit certes pas d’importuner Kadhafi, ni de faire capoter les mirifiques contrats d’armement (lesquels ne seront jamais signés).

Ces fameux cinq jours de la honte, Kadhafi les passera sous sa tente bédouine juste à côté du Palais de l’Élysée, avec ses « amazones » qui (on le pressentait à l’époque, on le sait parfaitement aujourd’hui) étaient de fait ses esclaves sexuelles, violées, battues et blessées du matin au soir, des années durant, « prêtées » ensuite à ses fils, aux dignitaires du régime et à quelques chefs d’Etat africains, avant d’être jetées comme des préservatifs usagés dans la rue. Un article y sera bientôt consacré.

Tchin-Tchin

Tchin-Tchin

Loin de ces préoccupations et sans le moindre état d’âme, Patrick Ollier passera régulièrement boire le thé sous la tente avec son ami Mouammar et sera littéralement son chien de garde auprès des opposants libyens exilés en France, des politiques (y compris de droite et du centre) et des journalistes qui osaient poser la moindre question ou émettre la moindre critique sur cet incroyable séjour : « Il a été un terroriste mais il a bien changé », répétait Ollier, la larme à l’oeil.

Quant à celui qui à l’époque était président de la République -un certain Nicolas Sarkozy- il se permettra d’humilier encore un peu plus la France et les Français en improvisant à l’Elysée une conférence de presse, au cours de laquelle il fera la leçon à nos compatriotes et ironisera, avec son phrasé si caractéristique : « C’est bien beau l’droits d´l’homme entre l’café d’Flore et l’Zénith ! » Décidément, le calice jusqu’à la lie, plus que le thé au harem d’Archimède.

Retour en images sur cette séquence inoubliable (JT de France 2 du 10/12/2007), en gardant à l’esprit, dixit Ollier, « les propos scandaleux » de Rama Yade : «  Notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ». Trop tard. Merci qui ? M’ci m’sieur Patrick ! Vous tenez enfin votre grand oeuvre, la patrie reconnaissante ne vous oubliera pas, vous l’avez baisée avec tant de délicatesse.

23 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

La vraie-fausse anaphore de POM, Pdt de l’Amicale gaulliste

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je soutiendrai toujours le dernier favori des sondages.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je trahirai Fillon pour Sarkozy, comme j’ai trahi Chirac pour Balladur.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je réhabiliterai les grands démocrates de la planète, en Tunisie, en Libye, en Russie et partout où je pourrai faire progresser les droits de l’homme.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, j’enseignerai aux parlementaires la démarche militaire des Amazones, comme je l’ai fait amoureusement pour MAM le soir après le restau.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, j’offrirai L’Esprit des Lois de Montesquieu à tous les tortionnaires, pour propager la paix dans le monde.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je lirai Zadig et Voltaire à Chicago avec Frédéric Lefebvre, mon ancien attaché parlementaire, élu député des Français d’Amérique du Nord avec 7% des inscrits.

Très jeune, il rejoint de Gaulle

Très jeune, il rejoint de Gaulle

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je ne dirai plus jamais, « si elle part, je pars ».

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je resterai.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je fréquenterai des « hommes surprenants », qui auront « totalement renoncé à l’action violente et au terrorisme ».

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je serai vigilant et traquerai jusqu’aux derniers « reliquats de pratiques anciennes comme la torture dans les prisons ».

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je ne laisserai plus Rama Yade proférer « des propos inacceptables » sur « les paillassons » made in Arabie.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je me rendrai le 1er septembre 2019 aux 50 ans de la « Glorieuse Révolution » qui avait vu mon frère Kadhafi proclamer la « République ».

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je m’inventerai un CV de cadre supérieur d’entreprise, champion de judo et de ski, parachutiste, professeur de faculté.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, j’offrirai un emploi d’attaché parlementaire à mon fils désoeuvré et à mon deuxième adjoint à Rueil.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je me battrai toujours contre les emplois fictifs, les mensonges et les injustices.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je ne voyagerai plus qu’en Rafale et en DC 10.

Moi, président de l’Amicale gaulliste, je fusionnerai avec le Chêne de MAM et je ne serai plus Le gland qu’on abat.

 

Le Gaullisme de couloir

Le Gaullisme de couloir

 

22 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Visite de M. Kadhafi en France – Assemblée nationale – Séance du 12/12/2007

Présidence de M. Bernard Accoyer

M. le président. La séance est ouverte.

(La séance est ouverte à quinze heures.)

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Questions au Gouvernement

M. le président. L’ordre du jour appelle les questions au Gouvernement.

Visite de M. Kadhafi en France

M. le président. La parole est à M. Arnaud Montebourg, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

M. Arnaud Montebourg. Monsieur le ministre des affaires étrangères et européennes, la République française est en train d’offrir une réhabilitation retentissante et dorée sur tranche au colonel Kadhafi (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire), dont le régime a torturé des êtres humains et rançonné, encore récemment, la communauté internationale.

Pour justifier cet écart par rapport au message universel de la France, vous avez prétendu que ce dictateur, à la tête d’un État voyou, serait devenu respectable. Pourtant, il y a quelques jours encore, à Lisbonne, l’intéressé faisait devant les gouvernements européens l’apologie du terrorisme.

M. Patrick Ollier. C’est faux !

M. Arnaud Montebourg. Vous avez prétendu que cette réconciliation ferait progresser les droits de l’homme en Libye. Pourtant, hier, M. Kadhafi nous a fait l’affront de dire que la question des droits de l’homme n’avait jamais été évoquée au cours de ses entretiens avec le Président de la République, traitant ainsi la France, au plus haut niveau, de menteuse.

Vous avez enfin prétendu, pour justifier cette pénible visite officielle, qu’elle rapporterait à la France des contrats d’une valeur totale de 10 milliards d’euros. Le Président de la République avait lui-même donné ce chiffre, lequel, vérification faite, s’avère ne pas correspondre à la réalité(Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire), puisque le montant total des contrats signés lors de cette visite ne s’élève qu’à 300 petits millions d’euros : l’essentiel a été signé avant, ou n’a pas été signé du tout !

Entre affronts, humiliations et zizanies, cette visite tourne à la farce tragi-comique !

M. Lucien Degauchy. Quel cinéma !

M. Arnaud Montebourg. Elle ridiculise la France, affaiblit la force de sa parole et ternit l’universalité de son message. Que des relations diplomatiques normales soient rétablies avec la Libye, cela se conçoit ; mais que la France fasse à son régime le cadeau d’une réhabilitation à grands frais, c’est une maladresse qui nous coûtera ! (Exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)

Monsieur le ministre, vous avez dit récemment qu’il fallait savoir de temps en temps « avaler son chapeau » : jusqu’où irez-vous dans la négation de vous-même ? (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et sur quelques bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

M. le président. La parole est à M. le ministre des affaires étrangères et européennes.

M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes. Monsieur le député, j’irai le moins loin possible ! (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Jean-Paul Bacquet. Vous êtes allé déjà trop loin !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Vous avez cité certaines prises de position de M. Kadhafi ; sachez que je les réprouve, tout comme l’ensemble des députés ici présents ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)

Certes, la pauvreté pousse parfois au terrorisme, mais justifier ce dernier, comme M. Kadhafi a eu l’air de le faire à Lisbonne en disant qu’il était l’arme des pauvres, cela nous le condamnons !

M. Arnaud Montebourg. Il n’a pas « eu l’air », il l’a fait !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Lorsque M. Kadhafi a dit qu’il n’était pas favorable aux accords de paix entre Israël et la Palestine, il a eu tort, et nous le condamnons ! (Applaudissements sur les mêmes bancs.)

Lorsqu’il a appelé au respect des droits de l’homme ici, en France et en Europe, c’était pitoyable, et nous le condamnons ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre – Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Arnaud Montebourg. Alors, pourquoi le recevoir ?

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Monsieur Montebourg, il y a les paroles, que nous condamnons, mais il y a aussi, depuis quelques années, une réelle évolution du régime ! (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Michel Pajon. Les paroles sont celles d’aujourd’hui !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. En 2003, le colonel Kadhafi a cessé de fabriquer des armes de destruction massive ; la même année, il renonçait au terrorisme et rendait les stocks d’armes qu’il possédait. En 2006, il a supprimé la peine de mort : depuis, aucun condamné n’a été exécuté. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

M. Michel Sapin. Tu es pathétique, Bernard !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Depuis, il a fait encore plus : en 2007, grâce à la pression de l’Europe et de la France, il a relâché les infirmières bulgares. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

Cette évolution est suffisamment importante pour que, dans le cadre d’une diplomatie de la réconciliation, nous jugions possible une visite en France ; d’ailleurs, M. Kadhafi se rendra en Espagne samedi, et M. Zapatero ne dira pas autre chose ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre – Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)

Alors que le terrorisme frappe quotidiennement, hier en Algérie, aujourd’hui à Beyrouth, il convient de favoriser l’évolution d’un homme qui le condamne – et qui s’est d’ailleurs élevé hier contre les deux attentats d’Alger.

M. Bernard Perrut. Très bien !

M. le ministre des affaires étrangères et européennes. Certes, c’est un pari. Mais si on ne les encourage pas, que dira-t-on aux pays qui cherchent à évoluer – comme, par exemple, l’Iran ?

Nous ne sommes pas naïfs, nous n’avons rien abandonné, nous défendons toujours les droits de l’homme – mais il est parfois plus difficile encore de se contraindre à certaines actions, lorsque c’est à ses dépens. En retour, nous n’exigeons pas d’enthousiasme de votre part, monsieur Montebourg, mais nous souhaitons qu’il n’y ait pas non plus d’hypocrisie. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre – Protestations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et sur quelques bancs et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)

M. Jean-Pierre Balligand. C’est Talleyrand !

M. Jean Glavany. Un caméléon !

19 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Patrick Ollier et son « frère » Mouammar Kadhafi

Intéressons-nous pour commencer à Patrick Ollier, actuel député-maire de Rueil-Malmaison, commune cossue de l’ouest parisien. Inconnu du grand public, ce second couteau au charisme de chameau et au regard de cocker triste (compagnon, dans la vie, de Michèle Alliot-Marie et surnommé POM dans le sérail, pour « Patrick Ollier-Marie », un sobriquet lancé par un attaché parlementaire dans les années 90 et passé depuis à la postérité) s’est toujours beaucoup démené en coulisses pour défendre ses propres intérêts et ceux de son (petit) clan.

Il fut ainsi le premier artisan de la venue de Mouammar Kadhafi en France, et d’une certaine manière du gigantesque fiasco qui a suivi, lequel l’a assez vite complètement dépassé, d’autant que le POM en question n’a guère de courage physique, même s’il se prétend « parachutiste » et « champion de judo ».

Flash-back de dix ans : Michèle est alors ministre de la Défense. Nous sommes le 5 février 2005, à Tripoli. Il s’agit de négocier des ventes d’armes, un commerce dans lequel la France excelle en dépit des discours officiels sur les droits de l’homme, surtout murmurés à l’oreille des bourricots, plus rarement à celle des purs-sangs arabes. « Et Brother Patrick, il va bien ? » demande le colonel à Michèle Alliot-Marie. « Bien, bien », lui répond la ministre en souriant.

A l’époque, POM est le ronflant président de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Il n’a pourtant jamais travaillé dans le privé, même si dans sa déclaration d’activité auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique il a écrit, à la case profession : « cadre de société » ici http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/ollier-patrick-dia-depute-92.pdf

En réalité, il n’a jamais mis les pieds dans une entreprise –enfin, certainement pas pour y travailler- et n’a jamais encadré que les portes des bureaux de la généreuse République française et des hôtels -libyens et tunisiens surtout. Poussé dans ses ultimes retranchements, il évoque tout au plus une « carrière » chez un grand industriel de l’agroalimentaire, qui de fait était un important bailleur de fonds du RPR !

Il suffit de retracer son parcours pour découvrir que cette fameuse carrière n’est qu’une faribole de craie -à l’époque il officiait au cabinet d’Alain Peyrefitte, puis à nouveau au cabinet de Jacques Chaban-Delmas, cette fois à l’Assemblée nationale. Le financement de la politique par les entreprises était alors autorisé, il n’était pas rare d’être « mis au chaud » dans les grandes sociétés qui finançaient les partis, pendant « les traversées du désert ».

Patrick Ollier sera donc « conseiller du président » et continuera comme si de rien n’était à faire de la politique à 100%, à Rueil, mais aussi auprès de Charles Pasqua, alors secrétaire départemental des Hauts-de-Seine, de Jacques Toubon et de Bernard Pons. Il se fait enfin élire au Conseil national du RPR -le vrai terme serait « nommer » car tout était décidé d’avance au siège du parti, au 123 rue de Lille.  http://www.liberation.fr/economie/1996/04/05/jean-marc-vernes-solde-son-destinle-financier-rpr-est-mort-mercredi-soir-apres-mille-bons-et-mauvais_169561

Cette pratique, connue du grand public, a malgré tout perduré, même après les lois sur le financement de la vie politique, de façon un peu plus subtile… Mais cette faribole n’est pas la seule, car toute sa carrière a ainsi été enjolivée, par petites touches, à la façon d’un tableau impressionniste -voire pointilliste- et la réalité, vue de près, est beaucoup moins glorieuse. 

Si fier, à la gauche du frère

Si fier, à la gauche du frère

Des industriels, Patrick Ollier en rencontrera cependant pas mal dans le cadre de la commission des Affaires Économiques, anciennement commission de la Production et des Échanges. Et cela lui donnera même une idée, qui, pense-t-il, fera de lui un ministre. Il espère depuis tant d’années, l’Agriculture, le Tourisme, l’Aménagement du Territoire, les Relations avec le Parlement, n’importe quoi mais quelque chose ! Las ! Tout, chaque fois, lui passe sous le nez, même le dernier secrétariat d’État dans l’ordre protocolaire. Il pleure, il enrage, mais repart au combat : il veut être ministre, il n’en peut plus d’être encore et toujours « le prince qu’on sort », un autre sobriquet dont les politiques l’affublent, à la fois au sein de son parti et au Parlement.

Cette idée, c’est la fondation en 2003, à l’Assemblée nationale, du groupe d’amitié France-Libye. Se rendant régulièrement à Tripoli, POM voulait être le premier Français, à la levée de l’embargo, en 2004, à avoir tissé des liens avec Kadhafi. Pour le Guide, l’occasion de retrouver une place dans le concert des nations est trop belle. Elle est même inespérée. Redoutable et instinctif, en bon chef de guerre, il flairera immédiatement la soif de gloire et d’honneurs de POM, comme son appât du gain. Le Guide le manipulera à sa guise, comme un petit garçon docile, d’autant que depuis son plus jeune âge Ollier est à la recherche du Père.

En haut lieu, à l’Elysée (Nicolas Sarkozy succède à Jacques Chirac) et surtout à la Direction Générale de l’Armement, on s’inquiète vraiment. « L’affairisme de P.O. », son goût pour les réseaux obscurs, sa proximité douteuse avec Kadhafi et sa propension à parler à tort et à travers « au nom de la France » de sujets sensibles qu’il ne maîtrise en rien, interpellent et agacent vivement hauts-fonctionnaires et spécialistes du renseignement. En 2007, alors que le Guide exige -et obtient- le blocage d’une partie du 8e arrondissement de Paris pendant une semaine pour planter sa tente en face de la présidence de la République, Patrick Ollier vient boire le thé avec son « frère », en même temps que son petit lait.

Le général Rondot

Le général Rondot

Le général Rondot, devenu célèbre via l’affaire Clearstream, s’était, dès le début de l’année 2003, déjà inquiété du comportement de Patrick Ollier. Dans une lettre adressée à MAM, ministre de la Défense, le général se défendra cependant (et pour cause) d’enquêter sur son compagnon. « J’ai connaissance des services que celui-ci a pu rendre à la DST, ce pour quoi il a été récemment remercié avec l’envoi d’une médaille d’honneur ». Admirons la perfidie de la formule, que Patrick Ollier a néanmoins encadrée dans son bureau à l’hôtel de Ville de Rueil-Malmaison. Les services secrets l’aiment et il tient à le faire savoir. Il n’est pas n’importe qui, mais une sorte de James Bond français. Dans ce milieu, par nature très fermé, une petite blague se propagera d’ailleurs  très vite, parodiant le célèbre personnage de cinéma en mission en terre d’Islam : « Mon nom est Bon. Jean Bon ». Qui a dit que les services n’avaient pas d’humour ?

Le groupe d’amitié France-Libye ne se réunira pratiquement jamais et les collègues de Patrick Ollier, toutes tendances confondues, nourriront rapidement des doutes sur le véritable rôle de cette coquille. Ne souhaitant pas jouer les faire-valoir, Didier Julia, Eric Raoult, François Loncle ou encore Roland Muzeau, pour ne citer qu’eux, feront même des déclarations publiques pour dénoncer, une fois encore, « l’affairisme » d’Ollier et se démarquer clairement du personnage.

Patrick Ollier, lui, n’en a cure et pour tout dire il se régale. Incapable de tenir sa langue, il se répandra, en France, sur l’accueil qu’on lui réserve « là-bas ». « On » vient le chercher à l’aéroport en grosse voiture, avec le drapeau français flottant au vent du Sahara. « On » met à sa disposition 4X4, avions, personnel, chauffeurs, guides et escorte officielle. « On » l’emmène visiter le désert, le volcan Waw An Namus -littéralement « l’oasis des moustiques »- Ollier est aux Anges, il vit un rêve éveillé, perd tout sens commun, évoque au nom de la République française les projets les plus fous, les plus grandioses, comme « la coopération nucléaire », il se voit comme un missionnaire apportant le progrès par l’atome. « On m’accueille mieux que Berlusconi ! » dira-t-il, emporté par son élan, à de vieilles connaissances de l’auteur.

Le magnifique volcan Waw An Namus en Libye

Le magnifique volcan Waw An Namus en Libye

Dans son délire, Patrick Ollier assurera même avoir oeuvré efficacement « pour l’indemnisation des victimes du DC10 d’UTA » ainsi qu’à  »la libération des infirmières bulgares ». En réalité, dans un cas comme dans l’autre, il n’en parlera jamais à Kadhafi, ses préoccupations sont ailleurs et il ne veut surtout pas froisser le Guide, qu’il craint comme un père trop sévère. Guillaume de Saint-Marc, président du Collectif des Familles, dont le père est mort dans l’explosion de l’appareil au-dessus du Sahara, expliquera, écoeuré, que le député lui avait assuré que la note rédigée par le Quai d’Orsay destinée à faire pression pour l’indemnisation des victimes… n’avait pu être remise à Kadhafi car elle avait été « égarée ». 

Même topo trois ans plus tard. Accompagnant le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Philippe Douste-Blazy, il n’aura pas un mot auprès de Kadhafi pour les infirmières bulgares. Durant ce long feuilleton, qui durera deux ans et dont certains ont fait des livres, Patrick Ollier n’abordera pas une seule fois le sujet, comme l’ont assuré de façon constante plusieurs membres du cabinet du ministre. Pas un mot, rien, jamais. Ses préoccupations sont ailleurs, il veut faire des affaires.

Ziad Takieddine, entouré de ses amis

Ziad Takieddine, entouré de ses amis

Ollier fait alors feu de tout bois, veut intervenir sur tous les dossiers, après tout le Guide ne l’appelle-t-il pas son « frère » ? Dans ces conditions, qui, mieux que lui, pourrait faciliter la conclusion de contrats juteux ? Mais il irrite de plus en plus de monde, tant en France qu’en Libye. Il vibrionne auprès des entreprises françaises, il vrombit autour des clients libyens potentiels, la DGSE perd patience, multiplie les alertes, il en fait trop, il connaît mal les sujets, il n’a pas le doigté et les compétences nécessaires, « il n’est pas la voix de la France mais seulement la sienne », tous les retours sont mauvais, les services pressentent la catastrophe. Son atout principal : MAM, sa compagne ministre de la Défense, qu’il vend à toutes les sauces, à un point qui indignera beaucoup, militaires et civils.

Il faut avouer qu’Ollier est très fort à ce petit jeu, qu’il pratique depuis le début de sa carrière politique, en Provence, et que l’on pourrait appeler le vrai-faux-vrai. Il n’hésite pas à écrire (encore aujourd’hui) dans son CV qu’il s’est « engagé à 16 ans derrière le général de Gaulle », à répéter sans cesse et sans scrupules qu’il a fondé le mouvement politique qui fera connaître le gaullisme (l’Union des Jeunes pour le Progrès), ou encore qu’il a été professeur d’économie dans des lycées et même à l’université… quand de fait il n’a jamais été que pion dans un lycée aixois, ainsi que le confient désormais avec amusement quelques rescapés de « la bande de l’Escargot », le snack mythique des étudiants de la fac de droit et de sciences éco d’Aix-en-Provence.

Avec Ollier, il y a toujours un tout petit fond de vérité, un peu comme si le menuisier de la Maison Blanche clamait qu’il était proche d’Obama. Il faut lui reconnaître un vrai talent, celui de prendre l’aspiration de bolides qui, s’ils ne gagneront jamais la course, se battront néanmoins dans le peloton de tête, sont -ou deviendront- des figures de la politique française : Chaban, Baumel, Balladur, Alliot-Marie… Les grands squales ont leur petit poisson pilote.

Toujours est-il qu’en 2005, Michèle est à la Défense et que -tout naturellement ?- Patrick s’intéresse à l’armement. Il s’agit d’abord de remettre en état une douzaine d’antédiluviens Mirage F1, livrés 30 ans plus tôt et remisés pour cause d’embargo. Chacun veut sa part du gâteau, c’est le début du calamiteux consortium Sofema, lequel regroupe Dassault, la Snecma et Thales. Un concurrent surgit, Sagem Défense-Sécurité, qui propose de faire de ces vieux coucous des avions redoutables à l’électronique hyper sophistiquée. S’ensuit un imbroglio incroyable, des « pointures » font leur apparition dans le dossier : Claude Guéant accompagné du sulfureux Alexandre Djouhri, le non moins sulfureux Ziad Takieddine… Tous se croisent, se toisent et se bousculent au Corinthia, le palace de Tripoli. C’est la haine (extra)ordinaire et chacun espère repartir avec son paquet de millions, comme au temps béni du Loto, à Neuilly…

Saadi Kadhafi, l'un des fils du Guide

Saadi Kadhafi, l’un des fils du Guide

Ca devient sérieux, Ollier n’est pas de taille; il a certes ouvert la voie mais n’a ni les relais nécessaires, ni le sang-froid, ni l’épaisseur qui conviennent dans ce type de situations scabreuses : il doit dégager, et fissa encore, pour laisser place aux cadors. Quant à la carte MAM, elle ne lui suffit plus. Il sort alors de sa manche la carte ultime, celle de la franc-maçonnerie. Enfin, plus exactement de « la fraternelle de l’armement ». Les « fraternelles » sont des sortes de clubs affairistes, on y parle gros sous, commissions et pouvoir, assez peu philanthropie et progrès de l’humanité. Ollier ira ainsi frapper à la porte des fils de Kadhafi : l’aîné Mohamed, puis Seif al-Islam, enfin Saadi… Rien n’aboutit. L’échec total.

Tous les dossiers portés par Ollier tombent à l’eau, les uns après les autres, y compris les fumeux 14 Rafale de Dassault – et il s’agit pour ses « amis » balladuriens et sarkozystes de le débrancher complètement. Ollier est devenu « le tocard encombrant qui porte la poisse et qui risque de nous cramer définitivement », comme le dira à l’époque un acteur du dossier, non sans clairvoyance. Guéant et Djourhi achèvent de l’achever et les vieux réseaux chiraquiens, réduits à la portion congrue, continuent de régler leurs comptes : c’est une lutte à mort qui n’a pas encore livré tous ses secrets. Mais un peu de patience, c’est une autre histoire… Vraiment ?

A suivre…

 

 

19 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

Pourquoi un énième blog politique ? Qu’apportera-t-il de plus ?

Un ami, ancien parlementaire honnête (oui oui, il y en a, fort heureusement) m’a écrit il y a quelque temps. Aujourd’hui maire d’une petite commune, il donne tout son temps et toute son énergie pour ses administrés. Il ne se rétribue pas et a également réduit le traitement de ses quelques adjoints à la portion congrue (200 euros), car il s’agit de redresser les finances de la Ville, passées entre des mains indélicates.

Son cas n’est pas isolé, ils sont même nombreux, en France, à se démener ainsi, sans beaucoup de moyens, au service des autres et de la République, qui elle aussi est tombée bien malade, à force d’être continuellement saignée et ponctionnée par des médecins autoproclamés, lesquels ont rarement travaillé dans la « vraie vie ». Comme le disait Brice de Nice, dans une réplique devenue culte, « C’est comment travailler ? Parce que je connais le mot… mais je sais pas vraiment… »

Car si la politique est devenue « un métier », c’est la plupart du temps, hélas, le métier de ceux qui n’en ont pas et qui n’ont par conséquent aucune idée du monde réel, à force de vivre dans les palais et sous les ors de la République, tous frais payés… par les véritables « forces vives de la nation », qui, elles, produisent la richesse de la France, quand les premiers la dilapident – et ne sont pas non plus les derniers à se servir et à servir leurs proches.

C’est fou le nombres d’épouses, de fils et de filles, de neveux, de nièces, de maîtresses qui, sans le moindre diplôme, sont devenus collaborateurs parlementaires, à une époque où le moindre texte est d’une complexité incroyable et requiert des compétences de plus en plus pointues. A titre d’exemple, notre Code du Travail pèse 1,5 kilo et comporte 3400 pages !

Marianne

Révoltés, mon ami et moi-même, par la dérive d’un certain nombre d’élus nationaux qui, au gré des décennies, ont pillé la France et sont en passe de l’achever, j’ai décidé de mettre en ligne ce blog. Il sera simple et sans emphase, énoncera uniquement des faits, plus rarement des opinions, éclairera le public sur les coulisses des décisions qui impactent fortement la vie quotidienne des Français, sans jamais descendre sous la ceinture, en tout cas pour ce qui me concerne, car parfois, il faudra bien décrire la réalité, qui, c’est bien connu, peut dépasser la fiction.

Mes fonctions, passées comme actuelles, me permettent d’observer au plus près un certain nombre de mécanismes, de les décrire, de les décrypter, parfois jusqu’au dégoût, il faut bien le reconnaître. Je précise que je n’appartiens à aucun parti politique, aucun syndicat, aucun groupe de pression et que j’ai toute forme d’extrémisme, de dogmatisme et de systématisme en horreur. Voilà, vous savez tout ce qu’il y a à savoir sur ma personne.

S’il est une chose que ce type d’élus indélicats déteste, c’est précisément que l’on jette une lumière crue sur leurs pratiques, leurs us et leurs coutumes. Alors, tous pourris ? Oh non, tant s’en faut ! Mais quelques vers dans un fruit suffisent à le corrompre… Puis ensuite, si l’on ne réagit pas, c’est au tour de la branche, du tronc et l’arbre finit par mourir. Comme l’écrivait un ministre, « en démocratie, toute vérité est bonne à dire ». Chiche ?

Tout cela est bel et bon mais… le temps de lire ce petit billet d’introduction la dette française aura augmenté d’un demi million d’euros. Non ?! Mais si !!! On dit merci qui ?

Ici le compteur de la dette. Attention, c’est déprimant –> http://www.planetoscope.com/comptes-publics/315-compteur-de-la-dette-publique-de-la-france.html

 

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